Saint-Denis, c'est d'abord une nécropole dont l'existence est attestée dès le Bas Empire romain. Le martyre du premier évêque présumé des Parisii, victime des persécutions de l'Empereur Dèce au milieu du IIIe siècle, en fait un lieu sacré : Sainte Geneviève y fonde une première église vers 475. Un monastère y est fondé au VIIe siècle.
Le premier Roi enterré à Saint-Denis est Dagobert, mort en 639. Sous les Carolingiens, Charles Martel, Pépin le Bref et Charles le Chauve y sont inhumés. Mais c'est sous les Capétiens que Saint-Denis devient nécropole royale, sous l'impulsion de ses abbés, tel Suger (1081-1151), ami de Louis VI et conseiller de Louis VII, et qui proclame que le cimetière des Rois « se trouve comme de droit naturel en l'église de St Denis ».
En 1264, saint Louis passe commande de 16 tombeaux à gisants, destinés à ses prédécesseurs Mérovingiens, Carolingiens et Capétiens dont les restes sont exhumés, dûment identifiés et placés à la croisée du transept. La tradition des gisants se poursuit après lui, pour aboutir à la Renaissance à l'érection de monuments funéraires somptueux (Louis XII, François 1er, Henri II).
Le rituel funéraire, qui conduit le défunt de Paris à Saint-Denis, est censé assurer son passage vers l'au-delà, et assurer la continuité du principe monarchique. Il atteint son apogée lors des funérailles d'Henri IV.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le rôle de Saint-Denis comme lieu d'immortalité monarchique tend à s'effacer. L'inhumation du Roi y reste la règle, mais débarrassée de toute expression figurée. Les Bourbons devront se contenter d'un cercueil disposé dans la crypte.
A la Révolution, les sépultures royales sont profanées, mais la plupart des gisants et des monuments sont transférés dans un éphémère musée des monuments français, puis regagnent l'église rendue au culte en 1816.