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Se connecterPour son premier spectacle en tant que chorégraphe, Jihyé Jung dialogue avec les algorithmes pour réinventer le mouvement. Identité fragmentée, mémoires digitales, gestuelle éclatée, elle propose une écriture d’une saisissante nouveauté qui questionne la notion du réel à l’heure où le corps converse avec la machine.
Dans Am I real ? (Suis-je réelle ?), l’intelligence artificielle devient un partenaire de création pour Jihyé Jung. D’abord plasticienne et photographe, la jeune Coréenne, aujourd’hui installée en France, a tiré parti de sa connaissance des générateurs d’images basés sur l’intelligence artificielle (IA), pour inventer son langage de chorégraphe et de danseuse. Des souvenirs flous, des traces photographiques eff acées ou des données personnelles y deviennent la matière première du geste. Cette traduction d’images en mouvement, est-elle même filmée, puis soumise aux algorithmes, pour une nouvelle réinterprétation. L’intelligence artificielle les restitue alors avec son lot d’hallucinations, comme autant d’impossibilités physiques à réaliser. Se crée alors un ballet chorégraphique ininterrompu où captation, traitement numérique et traduction corporelle s’enchaînent à l’infini. Les limites et les erreurs de l’IA participent pleinement à l’écriture et produisent des formes instables, parfois altérées, qui déplacent l’idée de la perception du corps et de ses représentations. L’espace scénique se déploie ici comme un paysage mental et plastique. En croisant le corps et le code, Am I real ? ne propose pas une réponse, mais l’expérience immersive d’un questionnement ; une danse qui nous habite, nous traverse et nous interroge sur ce que signifie être réel.