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Se connecterEt si Orlando di Lasso, compositeur de la renaissance, rencontrait son homonyme littéraire, le héros du roman de Virginia Woolf. Dans un dialogue à travers les âges, figure historique et personnage mythique, polyphonie du seizième siècle et rythmes funk contemporains, sacqueboute (ancêtre du trombone) et batterie, se rencontrent et finissent par se confondre.
Pour Simon-Pierre Bestion et sa compagnie La Tempête, la musique ancienne est toujours prétexte à une relecture inattendue et à une confrontation avec notre temps. Des juxtapositions qui, chaque fois, soulignent l’intemporalité du grand répertoire. Depuis plus de dix ans, ils renouvellent l’expérience du concert, créent de véritables immersions sensorielles, fusionnent les esthétiques pour faire dialoguer passé et présent. Leur profonde connaissance de la musique baroque, leur permet d’y intégrer avec grâce et justesse des éléments issus des répertoires traditionnel et contemporain. Avec Orlando, le collectif célèbre la musique de Roland de Lassus, dit Orlando di Lasso, maître des polyphonies renaissantes. Un compositeur à la biographie très romanesque, en résonance parfaite avec le personnage titre du roman de la Britannique Virginia Woolf. Les deux Orlandos partagent un goût immodéré pour le voyage, une ardente soif de liberté et une impénétrable mélancolie. De la confrontation de ces deux figures naît un spectacle singulier : la musique de Lasso est relue au prisme du jazz ou de Radiohead, la viole de gambe répond au saxophone, le synthétiseur au duduk arménien, le tout nourri par des extraits du captivant texte de Woolf.