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Se connecterUn fils écrit pour affronter la disparition de son père et refuser le silence. À travers ce spectacle largement autobiographique, Sébastien Kheroufi déplace l’intime vers un questionnement collectif sur ce qui est reçu et ce qui est transmis, également par ceux que la société a abandonnés en chemin.
La Mort du Môme clôt un triptyque dans lequel Sébastien Kheroufi enlace fictions intimes et questionnements sociaux et historiques. Antigone d’après Sophocle (2023) inscrivait le mythe antique dans l’Algérie des années 1960, tandis que Par les villages de Peter Handke (2024) transposait son intrigue familiale dans les périphéries françaises des années 1990. Dans ce nouveau récit, plus proche encore de l’auteur et metteur en scène, un homme est retrouvé mort dans un foyer Emmaüs. Son fils bascule alors dans un monde dénué de tout repère. Tout se joue en une seule nuit, dans un dispositif épuré et monochrome. La scène, figurant un réfectoire de centre d’hébergement, se métamorphose en agora contemporaine. Dans une captivante dynamique de troupe, neuf interprètes, nouvelles présences ou comédiens aguerris (Reda Kateb, Élodie Bouchez, Casey), donnent chair à ce maelstrom nocturne. Un chœur, composé de personnes sans domicile fixe ou résidant elles-mêmes en foyer, accompagne chaque représentation et porte la voix du collectif. Soutenue par une musique qui fait dialoguer tradition algérienne et textures électroniques, la langue brute de Sébastien Kheroufi fait entrer en tension désir de filiation et volonté de rupture, dans une tragédie moderne poignante.