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Se connecterVéritable mise à jour du mythe d’Antigone et du texte de Sophocle, la pièce écrite par Anne Carson réinvente cette figure de l’amour sororal et de la désobéissance. Laëtitia Pitz porte à la scène cette prose abrasive, avec la promesse d’une interprétation magistrale, d’une inventivité visuelle foisonnante et d’une composition musicale envoûtante.
Après s’être attaquée avec malice et pertinence au mythe Godard dans Sauve qui peut (la révolution), accueilli la saison dernière à TANDEM, Laetitia Pitz affronte cette fois les canons antiques. Dans cette nouvelle création, elle dessine une figure à la fois archaïque et moderne, nimbée d’une clarté singulière. L’histoire ne se situe ni dans un passé mythique, ni dans un lointain exotique. Derrière le conflit entre Créon et Antigone, elle nous donne à voir et entendre une histoire plus intime, celle d’une famille détruite de l’intérieur par la violence du pouvoir. Antigone qui persiste, envers et contre tout, à enterrer ses morts, représente en ce sens l’irréductibilité des liens qui nous unissent les uns aux autres par-delà les exigences rationalisées de la société humaine. Sur scène, trois comédiennes, parmi lesquelles Anne Alvaro, nous racontent cette histoire, glissant en permanence d’un rôle à l’autre. Parallèlement, l’ensemble musical ouvert par le compositeur norvégien Christian Wallumrød navigue entre échos de musique ancienne et éruptions électroniques, en une partition à la fois élégiaque et viscérale, portant le texte autant qu’elle suit sa propre voie.