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Se connecterAcclamée pour sa capacité à transmettre les émotions dans ses mises en scène, Caroline Guiela Nguyen s’intéresse avec Valentina à la question de la langue et à la place prise par un interprète dans le rapport à la vérité. En particulier, lorsque des enfants doivent tenir ce rôle auprès de parents qui ne parlent pas la langue de leur pays d’adoption.
Malade du coeur, une mère doit se faire traduire par sa fillette les paroles des médecins qui la soignent en France. Cette mère ne parle que le roumain. Affaiblie par la maladie, elle se retrouve ainsi doublement vulnérable. Par la force des choses, il incombe à son enfant d’endosser ce rôle central de passeuse de la parole. Quitte à devoir affronter les mauvaises nouvelles plus tôt que les adultes… Caroline Guiela Nguyen voit dans l’interprétariat et la traduction, des points communs avec le théâtre : dire le sensible, transmettre la parole, risquer de travestir la vérité en cherchant à l’établir. Artiste à l’histoire familiale marquée par les migrations, l’autrice et metteuse en scène tient à faire entendre d’autres récits que ceux habituellement montrés au théâtre. Parmi ceux-là, les drames racontés par les interprètes géorgiens, albanais, turcs et arabes de l’association Migration Santé Alsace qu’elle a rencontrés au moment de son arrivée à la direction du Théâtre National de Strasbourg. C’est dans ce même cadre qu’elle a connu la
petite fille roumaine et sa maman, qui tiennent aujourd’hui les rôles principaux de cette création
généreuse et altruiste, écrite tel un conte, où liens familiaux et pulsations vitales vont de pair.