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Se connecterSculpteurs tous les deux, Daniel Jules Roger et Hélène Naty ont en commun d’entretenir chacun dans leur création, un rapport propre à la fragilité. L’un utilise un certain type de papier pour créer des casemates tout en rondeur alors que l’autre se sert de la terre pour donner naissance à des pièces tout en volupté.
Dans l’exposition De terre et de papier présentée à Paluel, ces deux amis dans la vie vont, pour la première fois, mettre leurs œuvres en dialogue.
Autodidacte, Daniel Jules Roger s’est d’abord intéressé à la peinture et au dessin avant de passer à la sculpture. Très atypique, son matériau de prédilection est le papier-pierre. Influencé par le milieu maritime autant que celui de la terre, l’artiste donne à ses créations la forme de petites casemates. Obsédé par la rondeur qui renvoie implicitement à la notion d’abri, ses singulières casemates s’appuient sur de fragiles structures en osier qu’il recouvre de toiles de jute ou de lin. Dans un ultime traitement, il les recouvre d’une enveloppe de son papier fétiche. Dans ce silence qu’il affectionne tant, ses objets aux surfaces ocres ou colorées, donnent à voir selon l’imagination de chacun.
Artiste céramiste, Hélène Naty transmute quant à elle les états de la matière. Sous ses mains, la terre peut prendre des aspects textiles. Modelés en argile, les matières mouvantes comme les vêtements se muent en objets rigides qui, évoquent néanmoins la douceur du tissu. Courbes, plis, creux et arrondis évoquent le corps absent de ces maillots d’argile. Dans un subtil jeu entre malléabilité et résistance de la terre, ses créations comme ses installations conduisent à une réflexion sur la dualité de la matière.