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Se connecterDe façon très singulière, le mode opératoire du photographe Michel Lagarde consiste à concevoir des scènes imaginaires dans des lieux tout autant fictifs, où il se met en scène et investit tous les rôles. Une démarche assez unique dans le monde de la photographie où le décor revêt une importance primordiale et s’impose comme un véritable acteur de l’image.
Dans ce qu’il intitule ses Dramagraphies, l’artiste apparaît lui-même, souvent multiplié à l’envi pour incarner les divers personnages de ses mises en scènes loufoques. En amont de la prise de vue, Lagarde endosse d’abord, étape par étape, les métiers de scénariste, décorateur, régisseur lumière, illustrateur, avant de se faire acteur devant l’objectif pour s’amuser de sa propre image.
Ainsi composées, ses clichés en noir et blanc donnent à voir des situations irréalistes et burlesques traduisant son imaginaire très lié à l’enfance. Si, au premier coup d’œil, ses images semblent classiques, très vite le doute s’installe et les pistes se brouillent. Dans ses photomontages numériques, seule son omniprésence corporelle ou faciale semble vraie. Ainsi que l’indique l’historien d’art Bruno Delarue, « Michel Lagarde pose sur la vie un regard aussi aigu que celui du cinéma réaliste ».
Si cet artisan se révèle expert du trucage, il l’est tout autant dans la perfection technique en composant avec minutie des images toujours empreintes d’une dose d’humour.
Longtemps concepteur de décors et comédien au sein d’une compagnie, Michel Lagarde prit le tournant, au début des années 2000, de ne plus se consacrer qu’à la scénographie. Aujourd’hui, sa série « Dramagraphies, autoportraits photographiques », agrège l’ensemble des disciplines qu’il pratiqua au fil de sa longue carrière artistique, pour les mettre avec talent au service de la création photographique.